— Charles Gianferrari (1921)

Né en Suisse, Charles Gianferrari oriente sa carrière vers la mosaïque, la céramique et la sculpture ; on lui connaît des hauts-reliefs, des rondes-bosses, des structures-sièges et des fontaines. Charles Gianferrari est par exemple l’auteur de la mosaïque du patio de l’Hôtel de Ville de Grenoble, cette dernière datant de 1968. Il est membre de trois groupes : Le Mur vivant, Art sacré et l’Œuf, centre d’études.

Le Mur vivant est créé par des architectes et des artistes plasticiens pour proposer dès 1966 une revue trimestrielle, des rencontres et des expositions dans l’objectif de promouvoir la recherche architecturale.

Art sacré est une revue consacrée à l’art et à la spiritualité, diffusée de 1935 à 1969.

L’Œuf, centre d’études est un atelier de création multidisciplinaire fondé à Paris par Charles Gianferrari et Jacques Bertoux en 1962. Rassemblant de nombreux architectes, designers, mosaïstes et sculpteurs pendant une trentaine d’année, ce groupe fait de l’architecture, du design, de la sculpture mais aussi et surtout des mosaïques qui s’inscrivent dans la mouvance de l’abstraction géométrique et du cinétisme. L’Œuf, centre d’études est l’auteur des six mosaïques aux pieds des Trois Tours de l’Île-Verte à Grenoble, ainsi que de la mosaïque de la bibliothèque de l’IUT 1 au campus de Saint-Martin-d’Hères/Gières.

 

 

 

Sans titre, Charles Gianferrari, 1968

 

Pierres, briques et pâte de verre — Amphithéâtre Le Marchand, Université Grenoble Alpes, Campus Santé — Avenue des Maquis du Grésivaudan, 38700 La Tronche

 

La mosaïque de Charles Gianferrari est abstraite et asymétrique et joue sur l’organisation des formes et l’association des couleurs. L’artiste a eu recours à des motifs arrondis qui se chevauchent et se présentent en étagements. On remarque trois « colonnes » d’ellipses, deux dans des tons chatoyants de rouges et d’oranges, et une composée de bandeaux jaunes ceinturant des plages de couleurs froides. Le reste de la mosaïque est dans des tons de bruns, ocres, verts et jaunes ; du noir est utilisé pour le fond et les contours des motifs.

Il est également intéressant d’observer de près les tesselles. En plus des couleurs, leur forme, leur taille et leur matière sont extrêmement variées : on a aussi bien des tesselles de brique au rendu mat et dense que des tesselles en pâte de verre à l’aspect brillant et translucide, ou encore en pierre, présentant alors une surface rugueuse, veinée ou nacrée. Ces petits éléments peuvent être carrés, rectangulaires ou encore très fins et allongés. Gianferrari a joué avec ces différentes typologies d’une rangée à l’autre. Le fait d’avoir disposé les tesselles en rangées horizontales amplifie l’effet de dilatation des motifs vers les côtés de la mosaïque.