Sans titre, Paul Guiramand, 1969

 

Pierres et pâte de verre —  Centre d’enseignement et de recherches Doyen Jean Roget, campus Santé (U.G.A.) — Avenue des Maquis du Grésivaudan, 38700 La Tronche

 

L’œuvre est constituée de deux mosaïques, composées de la même manière avec un grand élément central entouré de personnages. Dans l’ouvrage Guiramand de Pierre Cabanne (1973), il est précisé que ces mosaïques ont pour thème « la Cellule ADN et l’Arbre de la connaissance ».

La mosaïque Nord est occupée en son centre par un arbre stylisé où les feuilles sont esquissées par divers tons de bleus. A son sommet se trouve une chouette, symbole de sagesse utilisé depuis l’Antiquité grecque. Autour de ces deux éléments sont disposés de chaque côté trois hommes dont les habits font clairement référence à l’Antiquité. Le personnage de gauche semble tenir un rouleau dans sa main, tandis que la figure centrale esquisse un geste vers un cercle bleu qui pourrait fort bien symboliser un fruit. La mosaïque dans son ensemble montrerait-elle que c’est en cueillant les fruits de la connaissance qu’on accède à la sagesse ?

Dans la deuxième mosaïque, on trouve au centre un agglomérat de cercles enroulés en double hélice surmonté d’un grand rond rouge. On reconnaît aisément la représentation schématique d’une cellule et d’une chaîne ADN. Autour, trois personnages sont drapés dans des habits de style antique, tandis qu’à gauche, les deux hommes esquissés sur fond bleu ont des habits contemporains. Cette mosaïque est co-signée de Guiramand et d’Eve La Ruche.

Les références à l’Antique par le biais de l’habillement des personnages et de symboles anciens (la chouette) souhaitent peut-être mettre en lien la médecine actuelle et ses origines, à savoir Hippocrate et l’antiquité grecque.

 

Paul Guiramand est également l’auteur de la mosaïque du hall de la Bibliothèque Joseph-Fourier (anciennement de Sciences) au campus de Saint-Martin-d’Hères/Gières.

 


— Paul Guiramand (1926-2007)

Paul Guiramand entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1943, où il apprend le dessin académique d’après l’antique. Il découvre ensuite progressivement les œuvres de Matisse, Picasso, Monet, Bacon et d’autres grands noms de l’histoire de l’art. Ces découvertes font évoluer ses premières créations classiques vers un style plus libéré.

Ses peintures sont peu à peu exposées dans de nombreuses galeries à travers le monde (New-York, Chicago, Naples, Londres, Oran, Paris, Mexico… dont Grenoble en 1961) et il participe tout au long de sa vie à des Salons (Salon de Mai, Salon d’Automne…). Bien que la peinture soit son médium de prédilection, Guiramand s’essaie aussi à d’autres techniques : il exécute par exemple des lithographies couleurs pour le recueil Alcools d’Apollinaire.

Paul Guiramand a répondu à cinq commandes pour des bâtiments publics en France entre 1965 et 1973. Il a réalisé quatre mosaïques (dont l’ensemble présenté ici ainsi que la mosaïque de la Bibliothèque Joseph-Fourier au campus de Saint-Martin-d’Hères/Gières) et une tapisserie.