— Claude Lévêque (1953)

Originaire de Nevers, Claude Lévêque étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Bourges, puis s’installe à Montreuil, en région parisienne. Considéré aujourd’hui comme une figure majeure de la scène contemporaine française et internationale, il conçoit l’art comme un reflet de la société. Le regard qu’il porte sur le monde et qu’il montre dans ses créations n’est pas toujours positif, même si par ses œuvres il cherche à l’embellir. Il aime que l’art ne serve à rien, qu’il ne porte pas de morale.

Peintures, vidéos, dispositifs dans l’espace, lumineux, sonores, il cherche à donner vie aux environnements pour lesquels il crée. Ses œuvres in situ, à la fois brutes et poétiques, sont construites à partir d’éléments de l’histoire du lieu.

Il utilise souvent le néon, matériau universel et présent dans notre quotidien. “La lumière est quelque chose qui métamorphose, qui théâtralise, qui insiste sur un récit. J’aime utiliser la lumière de manière assez simple ; créer un impact, ça agit sur les sens.” En créant des univers oniriques il porte les spectateurs dans une ambiance, en immersion sensorielle.

Parmi ses nombreuses expositions en France et à l’international, il investit en 2009 le pavillon de la France à la Biennale de Venise, et en 2015 il intervient dans la pyramide du Louvre et dans la partie médiévale du musée avec Sous le plus grand chapiteau du monde.

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Manifesto, Claude Lévêque, 2003

 

Dispositifs lumineux, brique — Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble — 60 avenue de Constantine, 38100 Grenoble

 

Dans le cadre de cette commande, Claude Lévêque a choisi de s’intéresser non pas à l’architecture labyrinthique du bâtiment mais à ses occupants. Il a alors constitué une liste de 110 mots pouvant passer par la tête de ces personnes, puis il a demandé à chacun d’en choisir 3. Après une analyse des mots les plus cités, il est revenu sur place pour déterminer l’emplacement de ce dialogue ainsi élaboré. Certains mots sont devenus des formes, par exemple l’escalier en néon ou la construction en briques. Il a confié à sa mère la représentation de certains éléments.

Les dessins et les mots, au trait hésitant, tremblant, rappellent l’incertitude et la fragilité de la vie. Claude Lévêque s’inspire de l’histoire et de la mémoire du lieu pour lequel il crée. Ici il s’est penché sur un événement qui s’est déroulé pendant la phase de réflexion : un jeune homme est décédé dans un règlement de compte. Le mot “Ange”, seul dispositif à l’extérieur, marque ainsi l’empreinte de la réalité.

Le choix du titre Manifesto vient d’un contresens; c’est-à-dire quand les incertitudes prennent la place des dogmes.

Selon l’artiste, l’intérêt du quartier de la Villeneuve était de mélanger les classes sociales. Son travail parle alors d’un croisement de réalité interrogé par la poésie.