— Jean-Marie Pirot (dit Arcabas) (1926-)

Jean-Marie PIROT naît à Metz en Lorraine en 1926. Il rentre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1945. Il se tourne ensuite vers l’enseignement à l’Ecole des Beaux-Arts de Grenoble de 1950 à 1969, période durant laquelle il devient Arcabas, puis à l’université d’Ottawa de 1969 à 1972.

Il se fait connaître à partir de 1953 avec une œuvre monumentale réalisée sur une trentaine d’années (1951-1985) : la série de tableaux religieux pour l’église de Saint-Hugues de Chartreuse à Saint-Pierre de Chartreuse (Isère). De 1961 à 1972 il fait des costumes et des décors. Il reçoit également de nombreuses commandes du gouvernement français, de collectivités locales ou de communautés religieuses.

A Grenoble et dans ses environs, il crée entre autres des œuvres pour la préfecture de Grenoble (fresque et toile), pour la basilique de la Salette (peintures et vitraux), pour l’église œcuménique de Chamrousse (mur de lumière, tabernacle et toile), pour l’église de Pontcharra (retable), pour les églises de Moirans, du Sappey et de l’Alpes d’Huez (vitraux), ou encore la basilique du Sacré Cœur à Grenoble (dessins de vitraux).

Il fait divers travaux en France (Saint-Malo, Alsace…) et à l’international (Belgique, Allemagne, Canada, Panama, Japon, Mexique, Etats-Unis). On peut en particulier citer l’Italie où il a fait un aménagement complet pour la chapelle de la communauté de Piturello à Torre de Roveri à Bergame (peintures, sculptures, vitraux, céramique du sol, mobilier liturgique, chasubles).

Il habite à Saint-Pierre de Chartreuse dans l’Isère à partir de 1986.

Pour avoir un aperçu de son œuvre à Saint-Hugues de Chartreuse, cliquez ici.


— Ses œuvres du 1% artistique dans l’agglomération grenobloise

Dans l’agglomération grenobloise, Arcabas a fait de nombreuses œuvres commandées grâce au 1% artistique entre 1958 et 1988. D’après le livre Un musée sans murs : la commande publique dans l’agglomération grenobloise depuis les années 50 (BAL Danielle & MOGER Danielle (coordination scientifique), Quetigny, 1999), il y aurait eu 18 œuvres (peintures, gravure sur béton), composées pour des lycées, des écoles, des établissements d’enseignement supérieur (l’IUT 1 et Sciences Po Grenoble), la Préfecture place de Verdun, et la station d’épuration au Fontanil-Cornillon.

Ces travaux ont à chaque fois une thématique philosophique, poétique, historique, légendaire ou mythologique, ou sont inspirés de contes : Le chevalier Bayard (1988) au lycée du Grésivaudan, Le Petit Poucet et Le Petit Chaperon Rouge pour des écoles à Saint-Martin-d’Hères, Tristan et Yseult pour le lycée des Eaux-Claires, La mer pour le lycée Guynemer… et bien d’autres.

Dans le hall d’entrée de Sciences Po Grenoble (campus Saint-Martin-d’Hères/Gières) est exposé Guerre et Paix (1967-68), constitué de deux tableaux. Cliquez ici pour accéder à la fiche complète de cette oeuvre.

Les signes du Zodiaque, Jean-Marie Pirot (dit Arcabas), 1961-1962

 

Peinture à l’huile sur toile — Bibliothèque du département de Mesures Physiques de l’IUT 1 (U.G.A.) — 17 quai Claude Bernard, 38000 Grenoble

 

L’œuvre est composée de cinq tableaux mesurant chacun 1,60x3 mètres. On pourra reconnaître le Scorpion et le Lion, puis la Balance, la Vierge et le Cancer, ensuite le Sagittaire et les Gémeaux, suivi du Verseau, du Poisson et du Bélier, et enfin le Capricorne et le Taureau. Il est intéressant de remarquer que les signes du Zodiaque ne sont pas placés par ordre chronologique. Pour ce faire, il faudrait que le Scorpion et le Cancer soient intervertis, de même pour les Gémeaux et le Capricorne.

Ce choix s’explique sûrement par les contraintes de composition : chaque toile est équilibrée grâce au contraste créé entre le positionnement et le placement de chaque figure. Par exemple, les Gémeaux forment un triangle qui est contrebalancé par la position verticale du Sagittaire. Un lien se crée parfois entre signes, comme pour le Verseau dont la cruche s’écoule dans un aplat de couleur bleu où le Poisson semble nager.

L’utilisation des couleurs est également très intéressante. Les aplats blancs font respirer les toiles, le reste des surfaces étant découpé en aires géométriques colorées. Soit les éléments du Zodiaque se détachent clairement du fond (la Vierge), soit au contraire ils semblent y disparaître (le Taureau). Aucune perspective et aucun décor ne sont représentés, créant ainsi un univers abstrait et intemporel qui accentue la dimension symbolique du Zodiaque.