— Jean-André Cante et Pierre-Noël Drain

Jean-André Cante naît à Bordeaux en 1912. Il étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux de 1927 à 1934, et enseigne aux Arts appliqués de Paris pendant un temps. C’est un artiste qui s’intéresse à différentes techniques comme la peinture, la sculpture et la gravure. Il revêt presque un statut de technicien et de chercheur : il souhaite en effet trouver de nouvelles techniques pour intégrer l’œuvre d’art dans l’architecture de béton. Il met au point des nouveaux matériaux en particulier des résines synthétiques avec le polystyrène ou le polychlorure de vinyle.

Pierre-Noël Drain naît à Freda en Algérie en 1929. Il aurait été directeur des Beaux-Arts de Dijon, direction achevée en 1993. Il existe peu d’informations sur cet artiste, mais il est intéressant de noter que l’agglomération grenobloise a compté deux autres œuvres de lui, acquises avec le 1% : Sans titre, 1966, pour la façade du collège Louis Lumière à Echirolles, en résines polyester et en métal, et Sans titre, 1967, pour le collège du Moucherotte à Pont-de-Claix, où il utilisa du ciment moulé et des résines époxy.

Sans titre, Jean-André Cante et Pierre-Noël Drain, 1967

 

Résines polyester et métal — Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie (CNRS / Grenoble INP / UGA) — 53 avenue des Martyrs, 38000 Grenoble.

 

Ici, les artistes ont travaillé sur différentes textures en créant des empâtements de résines, des surfaces homogènes à l’aspect grumeleux et enfin des striures. Ces dernières peuvent être horizontales, verticales, diagonales ou rayonnantes. Les formes abstraites s’imbriquent ou se superposent entre elles. Grâce à leurs agencements et leurs textures, on perçoit à certains endroits un premier-plan et un arrière-plan, comme par exemple à droite sous la volée d’escalier.

A noter aussi le choix des couleurs et l’attention portée sur leur application : les bleus sont plutôt réservés aux striures, les ocres se retrouvent majoritairement utilisés sur les surfaces homogènes, et les motifs peints (exemple : les volutes dans les cercles ocres) sont toujours en noir.

On peut voir de grandes jointures horizontales et verticales qui découpent l’œuvre en panneaux. Cela donne un indice sur la construction du bas-relief : il a sûrement été conçu dans un lieu extérieur (en atelier par exemple) sur différentes panneaux indépendants, puis acheminés, assemblés et fixés à son emplacement actuel.