Manifesto, Claude Lévêque, 2003

Les évocations qui courent dans nos têtes prennent formes grâce à ces installations de briques et de néons, à l’Ecole Nationale d’architecture de Grenoble. L’artiste considère son oeuvre Manifesto comme un contresens : “quand les incertitudes prennent la place des dogmes”.

 

Dispositifs lumineux, brique, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture, Grenoble.

 

Né en 1953 à Nevers, Claude Lévêque construit son art autour de la question de l’observation à travers divers dispositifs. Travaillant sur la mémoire des lieux, l’artiste élabore des œuvres faites de lumière, d’objet du quotidien, de néons calligraphiés et de sons. Ces expériences, tant en galeries que dans des lieux empreints d’un passé, instaurent un rapport aux objets et proposent des fragments d’histoire entre archéologie, vie quotidienne et éléments autobiographiques.

L’œuvre installée dans l’Ecole d’Architecture est composée de différents dispositifs lumineux. A partir d’une liste de mots du quotidien, Claude Lévêque a demandé aux usagers du lieu de choisir 10 mots parmi 110. Après avoir sélectionné les mots les plus fréquents, l’artiste les a installés sous forme de néons calligraphiés dans des lieux clés, des lieux de passage de l’école. Il place par exemple ‘’Face à Face’’ là où se trouvent les boites-aux-lettres des enseignants. L’artiste s’imprègne également de la réalité. En effet, lors de sa période de réflexion, est survenue la mort d’un jeune de la Villeneuve. Il installe ainsi le mot ‘’Ange’’ sur l’un des murs extérieurs de l’école, en mémoire de ce drame. Issue d’un croisement de réalités, l’œuvre poétique de Claude Lévêque interroge sur le statut des éléments lumineux ; lumière ouvrant à des émotions et des sensibilités propres à chaque expérience.