— Alexandre Perigot (1959)

Alexandre Perigot est un plasticien français né à Paris en 1959. Il vit et travaille actuellement entre Paris et Bastia. C’est un artiste polyvalent qui fait aussi bien des vidéos que des photographies, des installations, des conférences ou des performances. Depuis 1994, le travail de l’artiste consiste essentiellement en des installations et des vidéos qui induisent une forte interaction avec le public.

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 — Alan Turing

Cette œuvre s’inspire des travaux du chercheur mathématicien anglais Alan Turing (1912-1954), connu pour être le précurseur de l’ordinateur moderne et avoir décodé les messages nazis émis par la machine Enigma durant la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, en 1952, il publie un article, Les fondements chimiques de la morphogenèse, dans lequel il présente un modèle biomathématique de la morphogenèse. Ce modèle s’intéresse au processus d’apparition de non-uniformité au sein d’un milieu homogène, c’est-à-dire au processus produisant des motifs en bandes ou en tâches régulièrement espacées, comme sur le pelage des animaux. Dans son article, Alan Turing propose trois modèles de formes (les Turing Patterns), qui sont ceux du zèbre, de la girafe et du guépard des savanes.

Balcons de Turing, Alexandre Perigot, 2015

 

Oeuvre en deux parties — acier inox poli-miroire et peinture (hall d’accueil Phelma Minatec), panneaux LED (Auditorium Grenoble INP – Cafétéria) — 3 parvis Louis Néel, 38000 Grenoble

 

Balcons de Turing se présente en deux parties. La première est une installation ornant les parapets des galeries hautes desservant les étages de la nouvelle extension de Phelma Minatec. L’acier inox fixé aux balcons est ajouré suivant les Turing Patterns avec, de bas en haut, le zèbre, la girafe et enfin le guépard des savanes. L’acier est poli, ce qui lui donne une brillance semblable au miroir. Il contraste avec le fond noir des balcons, tout en accentuant la luminosité provenant de l’immense baie vitrée.

La deuxième partie de l’œuvre est exposée dans l’Auditorium de Grenoble INP. Constituée de panneaux LED, c’est une animation montrant un processus d’expérience de réaction-diffusion. L’équation de réaction-diffusion a été utilisée par Alan Turing pour élaborer le modèle biomathématique de la morphogénèse, qu’il expose dans son article de 1952. Si Alan Turing propose des formules mathématiques dès 1952, ce n’est que dans les années 1990 que des expériences de chimie confirmeront les modèles théoriques de Turing.

Cette œuvre correspond totalement à un principe méconnu du 1% artistique : créer une œuvre en lien avec le lieu. En s’inspirant de l’étude d’Alan Turing, l’installation fait écho à la recherche scientifique qui est au cœur de l’existence de Phelma Minatec et du Polygone scientifique.